Vous avez été victime d'une entorse du genou, pas d'une rupture isolée du LCA.
Le LCA à lui seul n'assure pas toute la stabilité du genou. Dans ce traumatisme, plusieurs structures peuvent être atteintes :
- le LCA (ligament croisé antérieur),
- les ménisques,
- le LLI (ligament latéral interne, ou collatéral médial),
- le cartilage du genou,
- le ligament antéro-latéral (LAL), garant de la stabilité en rotation.
Certaines associations lésionnelles favorisent l'instabilité du genou, le LCA protégeant les ménisques, et inversement.
Que faire après l'épisode traumatique ?
Le risque principal est la récidive d'instabilité, ce « déboîtement » ressenti lors de l'entorse, qui peut survenir à la maison comme sur un terrain de sport. Il est à l'origine de lésions méniscales, qu'il faut absolument éviter.
L'immobilisation initiale peut être utile pour diminuer la douleur en attendant la consultation. En dehors d'une fracture associée ou de certaines lésions, l'appui est autorisé. La marche avec 2 cannes béquilles peut aider.
La consultation « d'après » avec le spécialiste.
Elle a deux objectifs : confirmer le diagnostic et rechercher les lésions associées (LCA, ménisques, LLI, cartilage, LAL).
L'examen clinique est toujours effectué avant de regarder les images d'IRM. Il détermine deux types de laxité :
- le « tiroir » antérieur, par la manœuvre de Lachman,
- l'instabilité rotatoire, par le test du ressaut.
L'examen clinique est complété par une IRM et éventuellement des clichés radiologiques dynamiques (+/- par laximétrie par télos ou GnRB) pour quantifier la laxité pathologique.
Existe-t-il des ruptures partielles du LCA ?
Le problème n'est pas vraiment le LCA isolément mais le genou dans sa globalité. De plus, l'entorse, lorsqu'elle entraîne une lésion du LCA, entraîne systématiquement sa rupture, qui est TOTALE mais possiblement CICATRICIELLE (une partie se « recolle »).
Il n'existe pas de forme partielle à proprement dit.
Quelle rééducation après cette entorse ?
L'objectif est de récupérer un genou souple, ayant bien dégonflé, indolore et avec un bon tonus musculaire. Il est important de préparer une éventuelle intervention par des séances de kinésithérapie.
Cette rééducation permet aussi de se familiariser avec les exercices que vous effectuerez après l'intervention.
Quand et que doit-on réparer en cas de rupture du LCA ?
Laisser le genou être instable peut conduire à des phénomènes d'usure du cartilage (arthrose) rapidement (Symposium 2014 de la société française d'orthopédie).
Après votre première entorse, deux situations se dégagent :
- Pas de récidive d'instabilité, stabilité acceptable : un traitement fonctionnel est possible. Vous serez réévalué par votre médecin pour vérifier que tout se passe bien. Gardez à l'esprit que le genou a été traumatisé et que la récidive peut survenir des mois après.
- Récidives de dérobements ou sensations empêchant la reprise d'une vie sereine ou sportive : la réparation ligamentaire (et méniscale) devient indispensable. On considère qu'une seule récidive peut être une indication chirurgicale.
La technique chirurgicale.
Le but est de reconstituer le LCA, avec ou sans le ligament antéro-latéral, et de traiter les éventuelles lésions méniscales.
Le LCA est remplacé par une greffe provenant d'une partie de vos tendons des ischio-jambiers (droit interne ou gracilis, et semi-tendineux).
Le ligament antéro-latéral (LAL) est remplacé par une greffe provenant d'une partie du tendon du Fascia-Lata. Cette intervention est nécessaire si l'instabilité rotatoire est majeure.
C'est ce qu'on appelle une ligamentoplastie :
- pour le LCA → la plastie par DIDT,
- pour le LAL → la plastie de Lemaire.
La plastie du LCA se fait sous arthroscopie ; le LAL, s'il doit être réparé, se fait par ouverture classique. L'opération commence toujours par une arthroscopie pour faire le bilan des ménisques et du LCA.
Vous entrez le matin et ressortez le soir. Vous ne pouvez pas rentrer seul·e en transport et vous ne pouvez pas dormir seul·e le soir de l'intervention. Les déplacements en train ou en avion sont à proscrire dans les jours qui suivent.
Urgences ski · saison hivernale
Si vous rentrez d'une urgence de station (attelle, radio normale, genou gonflé), n'attendez pas : une consultation rapide permet d'établir le diagnostic, de faire une IRM, d'instaurer la prise en charge initiale et de planifier la suite sans précipitation.
